L'arrivée: 11 septembre 2013.
Nous arrivons à l'aéroport d'Ajaccio vers 8h00 du matin en provenance de Mulhouse. Nous attrapons un taxi qui nous dépose vers une station service où nous prenons le bus qui s'arrête pour nous faire monter (j'ai appelé de l'aéroport pour caler le lieu de ramassage). Nous avons pas mal de chance car au départ il était prévu que nous attendions 15h30 pour partir d'Ajaccio. Après plus de 4 heures de trajet nous arrivons à Porto-Vecchio. Quelques courses plus tard, nous nous baignons dans une eau à 24°.... J'appelle le chauffeur de la navette du gîte de Conca, nous convenons d'un rendez-vous à la gare maritime. Finalement nous arrivons au gîte de la tonnelle vers 15h30. L'endroit est agréable. Nous prenons possesion de notre chambre et allons vite repérer le parcours qui conduit au démarrage du GR. Nous en profitons pour boire un verre au café du GR20. Nous apercevons de la terrasse plusieurs randonneurs qui terminent leur périple. La plupart s'arrêtent au bar. L'un d'entre eux porte un sac de 22 kgs! Un autre fini seul car à ses dires son ami a dû abandonner parcequ'un renard lui aurait dérobé un lacet durant la nuit...nous avons peine à le croire! De retour au gîte nous préparons des nouilles chinoises (ce sera un grand classique de notre Gr) accompagné de saucisson tiré du sac de David. le pain de mie acheté au dépôt du village est affreusement sec et nous pensons même le laisser au gîte... Nous avons cette fois hâte de débuter notre randonnée.
église de Conca aiguilles de Conca
1ére étape Conca - Refuge d'Asinau
12 septembre 2013 : départ 7h00.
Nous gagnons le début du GR après 20 mn d'ascension sur le bitume dans les rues du village. il fait déjà chaud. Pause photo devant le panneau qui marque le début du Gr20. Premier contact avec le GR et première ascension : 350 m de dénivelé pour donner la mesure avec une pente régulière jusqu'à la fontaine radicale puis la brèche d'Usciulu. Il s'agit d'un portail assez typique dans la roche, qui offre une belle vue sur l'autre versant. A la faveur d'une descente nous empruntons un itinéraire en courbe de niveau à travers une végétation méditeranéenne typique faite de bruyères et de cistes. Nous franchissons une première fois le ruisseau Punta Pinanta. Nous remontons parmi les pins maritimes pour passer à nouveau le ruisseau et emprutons un ancien sentier qui mène par une montée plus affirmée aux ruines de Cappeddu (850 m - source à proximité) sous le soleil. Nous croisons les premiers radonneurs. La chaleur rend l'ascension pénible mais le sac à dos, malgré ses 15 kgs, ne pèse pas trop sur les épaules. Après le terrain change et devient plus aride et sablonneux. Des lézards nombreux et variés par leur taille et leur couleur se dérobent devant nous. Nous arrivons au sommet de cette étape : Bocca di u Sordu (1065 m) avec en prime une belle vue sur le golfe de Porto-Vecchio. Après une descente en forts lacets, nous passons par le plateau de Massa d'u Granu et tout en restant sur l'arête principale, nous contemplons une forteresse d'aiguilles et de pointes rocheuses. Une curiosité attire notre attention : un petit trou dans une pointe rocheuse qui laisse passer la lumière. Les corses dénomment ça "Punta tafunata". Nous gagnons ensuite la Punta di l'animata en traversant une forêt de pins maritimes et après une dernière montée assez raide nous arrivons au refuge d'I Paliri. Il y fait plus frais. Tout d'abord nous réservons le refuge puis nous nous ravitaillons : repas lyophilisé + pain acheté au gardien avec le restant de saucisson de David (400 g en moins se satisfait-il!). Une sorte de rituel s'installe et qui vaudra pour (presque) chaque étape : vaisselle, douche, lessive. David fait sa sieste quotidienne pendant que je consigne mes notes du jour. Le refuge est assez fréquenté car de nombreux randonneurs y passent sans y rester et que foule de promeneurs viennent du col de Bavella. Nous faisons la connaissance des Normands : deux cinquentenaires rompus à la marche. En vérité, peu de monde suit le GR dans le même sens que nous et nous avons croisé beaucoup de randonneurs qui touchaient au but. Nous prenons notre repas réservé auprès du gardien à 18h00, dehors. Il fait frais et le polaire est de mise. Après de la charcutreie locale, au menu : pâtes au veau et aux olives. Très bonnes ! Dommage qu'un défaut de ravitaillement ne nous ait pas permis de manger du fromage corse... remplacé par une triste barre chocolatée.
Laurent au portail d'Usciulu vue sur l'autre versant après le portail d'usciulu
vu sur les aiguilles blocs de granit
Bocca di u Sordu panorama depuis la crête
vue sur la baie de Solenzara Punta tafunata
vue sur les aiguilles de Bavella depuis le refuge le refuge d'I Paliri
vue sur les aiguilles de Bavella depuis le refuge
Cette 1ére étape est très belle : vues splendides sur la mer et très belles forêts. Elle est moyennement difficile.
Données topo : 12,93 km - D+ 926 m / D - 160 m.
temps de marche 4h45 (donnée topo-guide 6h15).
2ème étape I Paliri - Refuge d'Asinau
13 septembre 2013 : départ 6h45.
Nous remplissons nos gourdes à la source qui se situe 200 m plus bas que le refuge : l'étape est longue et il va faire chaud. Du refuge par la ligne de crête nous franchissons Focce Finosa (1206m) en montant par le versant N-O. La végétation devient plus montagnarde sitôt le col franchi, le pin maritime cède la place au pin laricio, arbre endémique de l'ile. Nous descendons alors par un sentier aménagé en lacets soutenu par des murettes puis prenons une piste en terre pour accéder au radier de Vulpajola (1010m). Au bénéfice d'une nouvelle piste en terre qui traverse une forêt de résineux nous arrivons à Funtana di U canone. Nous rechargeons nos gourdes en eau et croisons un marcheur qui vient du nord et qui randonne seul. Il a 73 ans! Affuté, nous sommes assez ébahis à l'annonce de son âge : on lui donne facilement 10 ans de moins...
A la suite nous passons devant l'auberge, puis le petit hameau de Bavedda, ce qui est l'occasion d'un bref retour à la civilisation. Nous suivons la route jusqu'à l'oratoire de N-D des Neiges près de la D268. Il est recouvert d'ex-votto.
Peu après, nous cherchons un peu la variante alpine (balisage jaune) que nous avons décidé de prendre. Une fois trouvée, nous montons dans les éboulis par une pente assez raide et franchissons une brèche entre deux parois (Bocca di U Truvonu). Le balisage n'est pas toujours évident à suivre, d'autant que beaucoup de sentiers secondaires ont été créés par les marcheurs. Nous connaissons là notre première pente à fort dénivelé avec des éboulis. Ce n'est pas facile mais nous sommes plutôt en forme. Le spectacle en vaut le coup car nous sommes au premières loges pour contempler les magnifiques aiguilles et bénéficions de couloirs de vue sur les deux versants. Superbes panorama ! Nous enchainons ensuite une montée et une descente en empruntant un passage rocheux équipé d'une main courante, que nous passons sans difficulté. Nous arrivons à la crête de partage de eaux appelées Bocca di u Pargulu (1662 m) au pied de la Punta di u Pargulu par une raide montée puis descendons par un sentier très raide qui sollicite les articulations jusqu'à l'intersection avec le Gr20 (1320m) parmi les pins. Nous empruntons alors un chemin en courbe de niveau dans une belle forêt mêlée de pins et de bouleaux pour franchir le ruisseau d'Assinau. Jusque là tout va bien... nous apercevons de loin le refuge mais pour y parvenir nous devons nous engager dans une montée plutôt raide. Les lézards sont légion sur ce terrain aride et exposé avec une végétation basse de type garigue. La chaleur ne nous épargne pas et David passe devant moi car il est au rouge... la fin de l'étape devient pénible et nous sommes contents d'arriver au refuge.
Le gardien est absent, aussi nous avons accès au refuge pour préparer notre repas. Pour varier (rires) nous préparons de nouilles chinoises avec cette fois mon saucisson pour alléger MON sac à dos... ensuite le rituel : douche, vaisselle, lessive... Le gardien arrivera finalement vers 16h00 avec chevaux et compères : il est allé chercher du ravitaillement. Nous nous renseignons et apprenons que le refuge est complet. Nous nous y attendions un peu, entre les réservations internet et la fréquentation importante du site. Ce sera donc nuit sous la tente et in extrémis encore, car il ne reste plus que 2 tentes libres. Nous sommes plus de cent personnes entre le bivouac et le refuge. Dans l'après-midi, depuis la terrasse j'aperçois un cheval qui commence à brouter mon tee-shirt qui séche... incroyable! je me lève et hurle pour que le canasson arrête mais mon tee-shirt est déjà tout vert d'herbe ruminée et moi de rage... non mais, ils les dopent au savon de marseille leurs bourins ! Le refuge est équipé de toilettes séches. C'est relativement propre.
Le soir nous nous régalons (à l'abri) avec les lentilles au figatellu du gardien : bon et copieux. Avec cela, charcuterie et fromage (18 euros). Nous retrouvons les normands à la terrasse, l'un d'entre eux, Jean-Pierre est H-S. David et moi pensons qu'il ne repartira pas...
Plusieurs randonneurs nous ont raconté que des renards avaient mordu des marcheurs sous tente. Aussi, nous parons à toute éventualité en rangeant l'ensemble de nos affaires à l'intérieur de la tente. Notre nuit sera courte car les chevaux ne cessent de passer à proximité de la tente. Est-ce l'une de ces bêtes qui aura secoué notre toile durant la nuit? Toujours est-il que nous nous retrouvons tous deux à huler armés de nos bâtons de marches au milieu de l'obscurité... pitoyables ! Renardophobie.... ! Nous essayons après cela de nous reposer car l'étape de demain est la plus longue du GR. Nous avons décidé de suivre l'ancien tracé et de na pas passer par les bergeries, le nouvel itinéraire rajoutant une étape au GR et de surcroit moins beau, selon la plupart des randonneurs.
Foce Finosa Notre-Dame des neiges
Variante alpine panorama depuis la variante alpine
panorama depuis la variante alpine David sur le passage équipé de chaines
Variante alpine Variante alpine
Bocca Pargulu- sommet de l'étape croisement avec le GR
forêt de pins montée au refuge d'Asinau
refuge d'Asinau aux abords du refuge
Cette étape est assez difficile car longue et la variante alpine ajoutée à la dernière ascension sous le soleil usent l'organisme.
Données topo : 11,12 km - D+ 910m, D- 429 m.
Temps de marche 5h45 (données topo guide 7h20).
3ème étape Asinau - refuge d'Usciulu
14 septembre 2013 : départ 7h00.
Depuis le refuge nous montons par une pente raide en lacets parmi les aulnes nains et de frêles érables sycomores. Cette montée est longue (environ 600 de dénivelé) et éprouve au démarrage. Le temps est clair et nous grimpons à un rythme régulier. Nous parvenons ainsi à un replat sur l'arête, Bocca Stazzunara (2025m). Nous croisons à ce premier sommet 2 randonneurs.
Nous sommes plutôt frais et finalement nous avons avalé cette forte montée en 1h15. Nous nous orientons en direction du plateau sommital pour atteindre le Monté Incudine (2134m), qui constitue le point le plus élevé du GR sud. Au sommet la croix a été redressée et nous profitons d'un superbre panorama sur presque 360 °. Le mot Incudine signifie "enclume" et caractérise la forme du massif attenant. Après une pause photo, nous entamons une descente parmi les rochers pour atteindre un petit replat appelé A Spazzata, longeons l'arête direction N.E et descendons à nouveau jusqu'à Foci Aparta (1805m = Col de la Luana). Une forêt de hêtres rabougris se découvre avant de gagner la vraie forêt pour arriver aux ruines d'I Pedinieddi. Aux ruines, des gentianes se dressent fièrement. IL y a une source captée que nous cherchons en vain pendant près de 20 mn.... je frise d'ailleurs la correctionnelle en remontant un ru, pensant trouver la source en amont et suite à un mauvais appui, je me tords méchamment la cheville. Je pense alors à une entorse, c'est douloureux mais finalement rien de bien grave. Je consulte de temps à autre le GPS pour bien suivre l'ancien tracé et ne pas s'engager sur le nouvel itinéraire.
Nous descendons en lacets dans la forêt de hêtres et franchissons le ruisseau de Furcinchescu sur la passerelle suspendue refaite à neuf (elle avait été sabotée en 2012 et les marques de l'ancien GR effacées de façon à ce que les randonneurs prennent le nouveau tracé - cette opération mercantile avait provoqué une levée de boucliers de la part des marcheurs) pour prendre à droite et monter jusqu'à un carrefour avec un chemin. Les hêtres sont tortueux et de belle taille. Certains gisent à terre, vicitimes de la foudre.
Nous passons à travers des clairières et des bosquets de hêtres, franchissons un ruisseau bordé de belles pozzines où quelques marcheurs se reposent. Un peu plus loin nous faisons une pause déjeuner : fin du saucisson et pain + quelques pistaches achetées la veille. Nous repartons en suivant le balisage dans la hêtraie pour déboucher sur une large dépression et atteindre Boca di l'Agnone. Nous croisons moins de randonneurs que les deux premiers jours.
Nous passons sans difficultés au travers de pointes rocheuses pour atteindre la Punta di a Scadatta (1836m), point culminant de l'arête des statues (belle vue sur la mer). Nous voyons pour la première fois des choucas (sorte de corbeaux au bec jaune). Après le sentier passe alternativement d'un côté à l'autre de la ligne de crête alors que nous voyons de très loin le refuge. En effet il reste près de 3 kms à parcourir ! Est-ce le fait de visualiser le refuge ou de passer alternativement d'un côté à l'autre de l'arête sans vraiment progresser mais là encore la fin d'étape nous semble interminable. L'itinéraire laisse à penser que leurs concepteurs ont voulu se faire plaisir. Nous arrivons au refuge après une dernière montée, moyennement pentue mais longue. Ca y est nous y sommes ! La fin détape s'est faite avec un peu de vent. Nous sommes heureux d'arriver car ce tronçon est long avec un démarrage ardu et une fin compliquée. Après la douche et la lessive, nous réservons le refuge auprès du jeune gardien et nous nous ravitaillons. Dans la cabane du gardien c'est la caverne d'Ali Baba : on se croirait dans une épicerie. J'achète un saucisson corse et une boîte de thon à la tomate pour accompagner nos pâtes de ce soir car nous avons décidé de préparer notre repas. Effectivement, les pâtes aux carottes proposées au refuge pour 9 euros ne nous inspirent pas davantage. Une soupe accompagnera notre festin. Après nos étirements quotidiens, dodo à 20 h00. En effet demain nous avons convenu de pousser jusqu'au col de Verde, ce qui fait une étape et demie. Encore une longue journée en perspective ! Ce soir nous n'avons pas aperçu les normands. ILs semblent ne pas être au refuge. Jean-Pierre aura-t-il abandonné ?
montée vers l'incudine avec le refuge derrière nous Bocca stazzunara
entre le 1er col e le Monte Incudine Laurent au sommet
Le Monte Incudine dans la descente
forêt de hêtre rabougris la nouvelle passerelle
vue depuis la crête un village sous le soleil en contrebas
dans l'arête des statues passage de la Punta di a Scadatta
Cette étape est assez difficile car longue et l'ascension du début est plutôt raide.
Données topo : 11,19 kms - D+ 1065 m, D- 845 m.
temps de marche 5h45 (données topo guide 8h30).
4ème étape Usciulu - Bocca di verde
15 septembre : départ 6h45.
Comme la veille nous débutons par une longue montée, accompagnés de Lolo le normand qui doit retrouver son ami Jean-pierre au col de Verde, (celui-ci a quitté le GR temporairement a Asinau pour rejoindre Quenza et de là a pris un taxi pour attendre à Verde) pour gagner le lieu-dit Ateghja di Briduncula.
Le brouillard est épais et nous n'y voyons pas à 10 m. De fait nous cherchons régulièrement le marquage rouge et blanc. Il fait seulement 3° lorque nous atteignons le Monte di a Furmicula (1981 m). Arrivés sur la crête le normand ne nous suit plus. Nous menons un bon train et sommes en jambes. Nous alternons les descentes et les montées en terrain caillouteux et parfois dans de gros éboulis et gagnons ainsi la forêt de hêtres où nous croisons un groupe de chasseurs qui nous demande de donner le bonjour à la gardienne du refuge de Prati, pour atteindre Bocca di Laparo (1525m). Nous retrouvons ensuite la crête puis montons les pentes de la Punta di Campu Longu puis celle de la Punta di la Tuncellu (1722m). Le sentier monte vers le nord pour arriver par une pente assez raide à la Punta di a Capella (2041m). Nous continuons à avancer rapidement dans la mesure où le gardien nous a annoncé de la pluie la veille en fin de matinée/début d'après-midi. Le brouillard est toujours aussi dense. Nous descendons ensuite parmi les aulnes les raides contreforts de la Punta di a Capella jusqu'au refuge de Prati (1780m) où le voile de brouillard se désépaissit quelque peu. Nous nous arrêtons à 11h30 pour manger dans le refuge. La gardienne nous accueille sympatiquement. Nous n'oublions pas de lui donner le bonjour des chasseurs. Au bout de 20mn, nous voyons passer le normand qui ne fait pas de halte. 5 mn plus tard nous repartons.
Après une légère montée nous atteingnons Bocca d'Oru (1840m). Impossible de contempler le beau panorama qui devrait s'ouvrir sur la côte orientale, les étangs de Diana ainsi que sur les îles de l'archipel toscan, par temps clair ! Nous entamons la forte descente en terrain découvert puis sous des hêtres pour ralier le col de Verde. Nous rattrapons le Normand et la pluie a déjà commencé de tomber. Nous forçons alors le pas jusqu'à presque courrir par endroit pour éviter d'arriver trempés. C'est peine perdue car la pluie redouble d'intensité et des rigioles se forment un peu partout. Avec près de 700 m de dénivelé il s'agit de la plus grande descente depuis le début du GR. Nous empruntons la piste forestière qui nous mène au col de Verde (1289m) en évitant les salamandres qui sortent de partout avec la pluie. Nous avons mis seulement 1h10 depuis Prati.... nous ôtons nos affaires trempées devant le restaurant où un feu de cheminée que nous allons fortement apprécier nous attend. Nous réservons le gîte et retrouvons le second normand, J.P. 10 mn plus tard, son compère arrive au terme de l'étape. Le couchage se fait dans des petits chalets. C'est propre et nous goutons aux joies d'une douche chaude. Nous sommes dans le même chalet que les normands. Lolo nous explique que J.P tente de se refaire et qu'il n'a pas pu monter l'Incudine. Il espère que ces 2 jours de repos lui permettront de continuer. Nous tuons le temps au gîte entre lecture et un café chaud. Nous sommes autorisés à placer nos affaires mouillées devant la cheminée. Sympa ! le soir nous dînons avec les normands et un couple de suisses-allemands qui parlent parfaitement la langue de Molière. Un bon repas au chaud nous est servi : soupe, côtes de porcs grillées sous nos yeux dans la cheminée accompagnées d'un gratin de choux-fleurs, fromage et déssert. La demi-pension est à 34 euros. Nous regagnons le gîte après quelques étirements. Demain une très longue étape nous attend car nous avons prévu de rejoindre Vizzavona.
troupeau de brebis au 1er col devant le refuge de Prati
refuge de Prati une salamandre
Etape peu difficile : peu de longues montées mais en revanche la descente sur Verde est accusée. il y a bien quelques passages techniques mais sans difficultés excessives. Le brouillard ne nous aura pas permis de faire de photos....
Données topo : 14,81 km. D+ 800 m - D- 1300m.
Temps de marche 5h00 (données topo-guide 7h30)
5ème étape col de Verde - Vizzavona
16 septembre 2013 : départ 6h45.
Nous quittons les normands au matin. Ils ont prévu de s'arrêter à Campanelle. Du coup nous ne devrions pas les retrouver par la suite. Nous débutons cette étape au travers d'une belle forêt. Il fait sombre. Nous montons sur le versant sud de l'arête boisée qui sépare les vallées du Taravu au sud et du Marmanu jusqu'à Bocca di a Fiasca (1430m). Le GR passe par un sous-bois de hêtres et de pins laricio puis parmi de gigantesques sapins qu'on ne s'attend pas à voir ici. J'ai l'impression de me retrouver dans mes forêts du Haut-Doubs ! Des champignons sortent de la mousse et de l'humus : lactaires, clavaires, russules et quelques bolets.
Nous franchissons le torrent de Marmanu par la passerelle avant de monter par de grands lacets jusqu'au plateau de Ghalgone (1591m). Nous passons ensuite par la crête de Petra Scupina et les ruisseaux de Lischettu et de Cannareccia pour arriver au pont d'E Cassaccie. Nous sommes partis depuis 2h30. Nous empruntons alors une passerelle le long de la D169. Nous croisons un groupe accompagné d'un guide qui nous reprend sur la prononciation d'E Campanelle. Le sentier monte fortement en sous-bois pour arriver aux bergeries d'E Traghjette et gagner finalement la station d'E Campanelle (1568m). Nous nous arrêtons au gîte pour demander où se trouve le refuge : il faut encore monter! Le soleil est généreux. Aussi, nous nous mettons à l'aise devant le refuge qui est minuscule et pas très engageant. Nos affaires encore humides d'hier vont pouvoir finir de sécher. Nous profitons d'un repas lyophilisé pour farniente un peu avant de repartir.
Nous ralions la route menant au plateau supérieur du stade de la neige, la suivons un instant pour atteindre la crête de Ciufichu (1600m - belle vue sur les étangs de Diana et la mer) et descendons au travers de la forêt de Sambuccu. Un énorme taureau est au milieu du sentier et ne daigne pas bouger. Il est sévèrement burné et aucun de nous deux n'a envie d'aller le chatouiller. Finalement au bout de quelques minutes, il s'engage en contrebas dans la forêt. Nous pouvons alors continuer par le chemin de ronde jusqu'aux bergeries d'Alzeta qui sont bien visibles avec leurs portes et volets peints en rouge vif. Nous profitons du cadre pour manger une barre de céréales et profiter du soleil toujours aussi présent. Nous empruntons un chemin de ronde caillouteux jusqu'au col Bocca Palmente (1640m). Nous sommes alors fortement exposés au vent. Quelques pas plus loin se trouve une source. Une fois le col franchi nous traversons un paysage alpestre parmi des bosquets d'aulnes. Cela devient long d'autant que j'ai des brûlures aux chevilles qui entament mon moral. De là le sentier descend jusqu'à la maison forestière en lacets (bien suivre la balisage en raison des nombreuses pistes qui se croisent). En amont de la maison forestière le GR traverse la N193 puis descend par un sentier vers le nord, franchi le pont et suit la route à gauche jusqu'à la gare de Vizzavona (920m). Nous sommes fatigués. La dernière portion en forêt est monotone, les kilomètres pèsent dans les jambes, d'autant que les erreurs de parcours en fin d'étape nous ont fait accuser le coup. Nous nous arrêtons au refuge. Manque de chance, il n'y a plus de gaz, ce qui signifie pas de douche chaude... nous buvons un verre au restaurant du chef de gare. Nous discutons ensuite longuement avec un corse qui tient l'épicerie attenante. Nous lui achetons un Lonzu (certifié corse), des bananes séchées, un saucisson et son dernier pain. Nous captons du réseau, ce qui nous permet d'appeler nos proches et de les rassurer. Après la douche froide, je me rase pour la première fois. David pend la lessive et nous nous reposons sur le lit. Il y a un groupe de canadiens au refuge. Le barman-cuisto est un roumain qui fait la saison. Le repas est correct : salades de crudités, pâtes et Daube de veau, fromage, crème brûlée. La demie pension est à 31 euros. Je me couche vers 20h30. David discute avec le roumain et boit une myrte au bar. Il peut faire sécher notre linge devant la cheminée. Nous pourrons le récupérer demain. Au réveil les canadiens à qui je dis bonjour me répondent "bon réveil"... nous prenons un vrai café au bar et partons sitôt après avoir repris notre linge qui a à peu près séché. Nous allons cette fois attaquer le "nord" et la longue montée vers l'Onda que nous appréhendons un peu, à vrai dire....
sapins géants après Verde cime avec pins laricio
pins laricio station d'E Campanelle
pause au soleil devant le refuge d'E Campanelle vue sur les étangs de Diana et la mer
intersection GR nord / GR sud tronc mort debout
vue depuis la crête de Ciufichu bergeries d'Alzeta
montée vers Bocca Palmente Vizzavona
Etape moyennement difficile surtout en raison de sa longueur.
Données topo : 27,44 kms - D+ 350m, D- 750m.
Temps de marche 7h30 (données topo guide 8h30).